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Taux de TVA travaux de rénovation : 5,5 %, 10 % ou 20 % ?

3 juin 2026 · 8 min de lecture

Vérifié le 18 juillet 2026 par Maxime DumasFondateur de BatiTech, courtier en travaux & maîtrise d'œuvre

Le taux de TVA applicable à des travaux de rénovation dépend de trois éléments : l'ancienneté du logement, la nature des travaux et l'usage du local. En résumé : 5,5 % pour les travaux d'amélioration de la performance énergétique, 10 % pour les autres travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement ou d'entretien, et 20 % pour tout le reste — construction neuve, extension, gros équipements et locaux professionnels. La condition commune aux taux réduits : le logement doit être achevé depuis plus de deux ans.

Cet article est une synthèse pratique à visée informative, à jour 2026. Il ne remplace pas l'avis de votre comptable ni la doctrine fiscale applicable à votre situation.

Pourquoi ce sujet mérite votre attention

Parce que l'erreur ne se paie pas chez le client. Elle se paie chez vous.

Si vous appliquez 10 % là où l'administration attendait 20 %, c'est vous qui devez la différence, majorée le cas échéant. Sur deux ans de chantiers, un taux appliqué systématiquement de travers représente des sommes qui mettent une entreprise en difficulté. Le client, lui, a déjà payé et ne rendra rien.

C'est l'une des rares erreurs de devis qui ne se négocie pas.

Les trois taux et leurs conditions

TauxCe qu'il couvreCondition
5,5 %Travaux d'amélioration de la performance énergétique et travaux indissociablement liésLogement d'habitation achevé depuis plus de 2 ans
10 %Amélioration, transformation, aménagement, entretienLogement d'habitation achevé depuis plus de 2 ans
20 %Construction neuve, extension, surélévation, gros équipements, locaux professionnelsPar défaut, dès qu'une condition des taux réduits n'est pas remplie

Le taux de 20 % n'est pas une punition : c'est le taux normal. Les deux autres sont des dérogations, et une dérogation se justifie. C'est le bon réflexe mental : partez de 20 % et descendez si les conditions sont réunies, plutôt que l'inverse.

La règle des deux ans

C'est la condition la plus simple à énoncer et la plus facile à mal vérifier.

Le logement doit être achevé depuis plus de deux ans à la date de début des travaux. Pas à la date du devis, pas à la date de la signature. Sur un chantier planifié plusieurs mois à l'avance, la nuance peut compter.

L'achèvement s'entend de la fin des travaux de construction rendant le local habitable, pas de la date d'acquisition par votre client. Un logement acheté l'an dernier peut avoir vingt ans.

En cas de doute, demandez un justificatif. Un client de bonne foi peut se tromper sur l'âge de son propre logement — surtout s'il l'a acheté récemment.

Ce qui bascule à 20 % même dans un logement ancien

C'est la partie que les artisans découvrent le plus souvent en contrôle. Un logement de trente ans ne rend pas tous les travaux éligibles au taux réduit.

Restent à 20 % :

  • L'augmentation de la surface de plancher de plus de 10 % : extension, surélévation, aménagement de combles créant de la surface.
  • La remise à neuf de plus de la moitié du gros œuvre, ou des seconds œuvres au-delà des deux tiers. Une rénovation très lourde redevient fiscalement du neuf.
  • Les gros équipements listés par l'administration : chaudières à usage collectif, ascenseurs, systèmes de climatisation dans certains cas. La fourniture bascule à 20 % même quand la pose reste à taux réduit.
  • Les travaux dans un local professionnel, quel que soit son âge.
  • Les aménagements extérieurs non liés au logement : terrasse détachée, piscine, portail, plantations. C'est le piège classique du paysagiste et du pisciniste.

Le piège du chantier à plusieurs taux

Une rénovation banale mélange fréquemment les taux : une salle de bain refaite à 10 %, une isolation à 5,5 %, une terrasse extérieure à 20 %.

Le devis doit alors faire apparaître le taux poste par poste, et pas seulement un taux global. Un devis qui applique un taux moyen à l'ensemble n'est conforme ni pour le client ni pour l'administration.

C'est aussi une raison très concrète de ne pas chiffrer au forfait global : un prix unique « Rénovation appartement : 28 000 € » rend le découpage fiscal impossible à justifier a posteriori.

L'attestation client ne vous protège pas autant que vous le croyez

Pour appliquer un taux réduit, le client doit vous remettre une attestation confirmant que les conditions sont réunies. Vous devez la conserver.

Beaucoup d'artisans en tirent une conclusion fausse : « le client a signé, je suis couvert ». Non. L'attestation vous protège contre une fausse déclaration du client sur des éléments qu'il est seul à connaître — l'âge du logement, son usage d'habitation. Elle ne vous exonère pas de qualifier correctement la nature des travaux, ce qui relève de votre compétence professionnelle.

Autrement dit : si le client ment sur l'ancienneté, vous êtes protégé. Si vous appliquez 10 % à une extension, vous ne l'êtes pas — c'est votre métier de le savoir.

Le cas de la franchise en base

Si vous êtes en franchise en base de TVA, vous ne facturez pas de TVA du tout. Mais votre devis et vos factures doivent porter la mention :

TVA non applicable, art. 293 B du CGI

L'omettre expose à un redressement où l'administration considère que vous avez facturé TTC : elle réclame alors une TVA que vous n'avez jamais encaissée. C'est une mention d'une ligne dont l'oubli coûte plusieurs milliers d'euros.

La checklist avant d'envoyer

Cinq questions, à passer sur chaque devis de rénovation :

  1. Le logement est-il achevé depuis plus de deux ans à la date de début des travaux ?
  2. Est-ce bien un local d'habitation, et non professionnel ?
  3. Les travaux créent-ils de la surface, ou remettent-ils à neuf l'essentiel du bâti ?
  4. Y a-t-il des gros équipements, ou des aménagements extérieurs détachés du logement ?
  5. Ai-je l'attestation du client, et le taux apparaît-il poste par poste sur le devis ?

Si une seule réponse fait douter, le réflexe est le taux normal — ou un appel à votre comptable. Le surcoût d'un doute résolu à 20 % est toujours inférieur au coût d'un redressement.

En résumé

Le taux normal est 20 %. Les taux réduits de 10 % et 5,5 % sont des dérogations qui supposent un logement d'habitation de plus de deux ans et des travaux qui ne créent ni surface ni neuf.

Le taux se justifie poste par poste, l'attestation du client ne couvre que ce que lui seul sait, et la mention 293 B est obligatoire en franchise. Ce sont trois règles simples dont l'oubli se paie auprès de l'administration, sans discussion possible.

Pour vérifier que votre devis porte bien le taux, sa justification et le reste des mentions obligatoires, notre vérificateur de devis conforme fait le tour en deux minutes — et le guide des mentions obligatoires détaille chacune d'elles.

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